histoire d'une forteresse volante abbattue à Saint-Colomban, près de Nantes, le 4 juillet 1943

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résumé historique
MEMORIAL DE BESSON
1943 - 2004
3,4,5 juillet 2004
revue de presse
HISTOIRE DU B17
N° 42-5053
briefing
crash 4 juillet 1943
à St-Colomban
Un Focke Wulf dans
le lac de grand-lieu
EQUIPAGE DU B17
10 jeunes
Etats-Uniens
fiche technique b17
TEMOIGNAGES
compatriotes
évasion du navigateur
évasion du pilote
familles de
l'équipage
REMERCIEMENTS
participants bénévoles
AVIS DE RECHERCHE
familles aux USA
rapport


TEMOIGNAGES familles de l'équipage


BIOGRAPHIE du mitrailleur latéral gauche
WILLIAM O. HULETT
écrite en 2004 par son épouse Polly Hulett (3)
(Traduction réalisée par Corinne Pouvreau et David Grant)

portrait du mitrailleur de queue William MooneyLe 4 juillet 1943, mon mari William O. HULETT s'engagea comme volontaire sur une mission de vol. C'était sa 25ème mission(1) et il rêvait déjà de revenir aux Etats-Unis pour suivre une formation de pilote de combat.
Ce jour là, l'avion fut touché par un tir ennemi et brûlait sérieusement. On donna l'ordre aux hommes de sauter. Il se leva de la tourelle inférieure et mit son parachute et avança vers la porte. Il avait seulement une boucle attachée lorsqu'il fut touché par une balle de 50 millimètres non explosée. Il fut touché aux deux jambes(2) et à la hanche et il eut des éclats d'obus dans d'autres parties du corps. Il eut un éclat dans la poitrine qui ne fut jamais enlevé. (Un éclat se déplaça vers sa hanche en 1966 et il fut enlevé par intervention chirurgicale. C'était une pièce de métal rouillé de la taille d'une noix) Après avoir été touché dans l'avion, il perdit connaissance. Quelqu'un lui sauva la vie en le poussant hors de l'avion.
Il reprit connaissance à temps pour tirer sur son cordon de parachute mais avec une seule boucle attachée. Il descendit en se balançant et atterrit dans un champ. Des Français l'ont vu atterrir et lui ont porté secours. Il voulait de l'eau mais tout ce qu'ils avaient était du vin ce qui l'aida vraisemblablement à soulager sa douleur. Les hommes lui firent un abri de fortune avec son parachute afin de le protéger du soleil ardent de juillet.
Il parlait souvent de la façon dont il avait apprécié l'aide des Français. Pour ces derniers, il était trop sévèrement touché pour qu'ils puissent l'aider comme d'autres furent aidés. Ils devaient appeler la patrouille allemande pour venir le chercher et lui apporter des soins. Les Allemands le conduisirent dans un hôpital. Ils le déplacèrent maintes et maintes fois. Il était sur un brancard et ses deux jambes étaient complètement plâtrées. Dans un endroit, il était seul dans une pièce avec deux gardes armés de fusil-baïonnettes pour le surveiller. Puisque mon mari était sergent, les gardes devaient avoir au moins le même grade que le prisonnier. Il s'agissait d'hommes plus vieux et ils étaient CPLS. Mon mari ne pouvait pas converser avec eux mais ils pouvaient communiquer et il leur demanda de voir leur fusil et ils le laissèrent le regarder. Ils lui glissèrent des cigarettes qu'il cacha dans son plâtre. La nourriture était très rare, il perdit du poids de 170 à 90 lbs.
Après quelques mois de soins médicaux, il fut emmener dans un camp de prisonniers de guerre ordinaire. Lorsque les gardes voulaient inspecter la caserne, tout le monde devait sortir - à ce moment-là il faisait froid, d'autres prisonniers portaient mon mari dehors et il devait rester au sol. Il raconta qu'un homme de New York qui était footballeur professionnel enleva sa veste et la posa sur mon mari.
Pendant environ deux mois, ses parents ne surent pas si leur fils était vivant ou mort. Enfin ils reçurent une lettre d'une femme de Pennsylvanie qui leur raconta qu'elle avait entendu le nom de leur fils sur une radio à ondes courtes et qu'il était prisonnier de guerre. Peu de temps après, les parents reçurent un rapport officiel du département de la guerre qui effectivement confirma que leur fils était bien vivant et qu'il était prisonnier de guerre.
Il ne parla pas vraiment des traitements horribles que recevaient les prisonniers de guerre. Je crois que les hommes l'avaient enfoui dans leur esprit. Mon mari m'a raconté seulement les choses légères, ses jambes étaient en extension avec l'ancienne méthode des sacs de sable pour faire contrepoids et la femme de ménage devait toucher les sacs de sable avec son balai et cela devait être très douloureux. Les prisonniers étaient transportés dans des wagons à bestiaux sur les voies ferrées par temps très froid, mon mari devait être posé sur le sol à côté des rails jusqu'à ce que le train arrive et les femmes crachaient sur les prisonniers. A cette époque, il n'avait aucun contact avec les autres membres de l'équipage. Il ne savait pas qui avait été tué ou qui était vivant avant d'être touché à l'intérieur de l'avion, il vit des membres de l'équipage qui avaient été tués dans l'avion.
En 1945, plusieurs tentatives furent entreprises pour rapatrier quelques uns des hommes les plus sévèrement blessés. Plusieurs tentatives échouèrent mais finalement mon mari prit le bateau " Queen Mary " en route vers les USA. Il avait encore un double plâtrage, beaucoup de docteurs, des Français, Anglais et Allemands avaient soigné mon mari - Quelques uns lui dirent qu'il ne marcherait qu'avec un appareil orthopédique et des béquilles. Il se rappela les avoir supplié de ne pas lui couper sa jambe gauche, que quelques uns voulaient couper, un des docteurs qui était une femme, compris qu'il les suppliait de sauver sa jambe. Tous les ligaments du pied gauche furent déchirés par le mortier. Il souffrit vraiment de sa jambe et son pied gauches ; il aurait sans doute eu moins de douleur, si cette jambe lui avait été retirée, mais ne regretta pas sa décision de ne pas l'avoir enlevée.
A son arrivée aux USA, mon mari fut conduit pour quelques temps dans un hôpital militaire en Georgie. Sa famille allait lui rendre visite là-bas. Il demanda son transfert dans un hôpital militaire de Springfield dans le Missouri qui était plus proche de chez lui. Là-bas on lui mit des plâtres à moitié et il commença à marcher avec des béquilles et il put enfin rendre visite à sa famille dans l'Arkansas. Un autre homme du Comté de Jackson, Mann Shoffner était dans le même hôpital et il aida mon mari lors du voyage pour rendre visite à sa famille. Mon mari revint de la guerre avec aucune malveillance envers les Allemands - sans dépendance aux médicaments ou à l'alcool. Son attitude et sa conception de la vie était fantastique. Il aimait la vie et aimait taquiner et plaisanter.
Lorsqu'il portait ses appareils orthopédiques et sur ses béquilles juste avant qu'il ne soit libéré du service, il mena campagne pour le poste de directeur financier du Comté de Jackson et il gagna l'élection et il servit durant trois mandats (6 ans). Il fit campagne pour le poste de juge du Comté de Jackson et remporta l 'élection et servit pendant trois mandats (6 ans). A cette date, il était le plus jeune Juge du Comté dans l'état d'Arkansas. Il quitta le bureau en 1958 et entra dans l'assurance.
William O. eut un autre traumatisme dans sa vie. En février 1991, il eut une hémorragie intracérébrale. Il était dans une unité de soins intensifs pendant 78 jours. Heureusement , il ne se souvint de rien. Au 78ème jour, on le transporta en ambulance dans hôpital des Vétérans à Little Rock dans l'Arkansas. Il resta là-bas environ trois mois de plus. Ce fut un processus lent et traumatisant mais son état s'améliora peu à peu. Je l'emmena à Newport le 29 juillet 1991. Il y eut beaucoup de problèmes mais il eut une certaine qualité de vie et nous sommes reconnaissants pour les 7 années qui suivirent. Il retourna à l'hôpital en décembre 1997 ; A nouveau il retourna à l'hôpital des Vétérans, mais il n'en sortit pas cette fois-ci, après 97 jours douloureux, il décéda le 17 mars 1998.
William O. est père de 4 enfants, 3 d'un précédent mariage, un fils est à Newport dans l'Arkansas, Jerry Lynn Hulett et sa femme Diann ; Jerry était en service en Allemagne durant la guerre du Vietnam, il était spécialiste 5ème Classe. Ils sont parents de 3 filles et ont un petit fils.
Linda Hermes et son mari Bobby de Conway, en Arkansas est maman de 3 enfants. Evelyn Garner et son mari Cecil de Forth Smith en Arkansas sont parents de 3 enfants. William O. et moi avons une fille, Donna Elizabeth Hofman et son mari Jim de St Louis dans le Missouri. Ils sont parents de 4 enfants.
William O. venait d'une famille nombreuse, 6 frères et 3 sœurs. Les 10 enfants sont diplômés du lycée de Swifton en Arkansas. Leur père était (membre du Conseil d'administration de l'école) et au fur et à mesure des années, il distribua les diplômes à chacun de ces enfants lorsqu'il furent diplômés. Plusieurs des 10 enfants allèrent au collège avec un fils qui gagna un doctorat William O. alla dans une école de commerce à Little Rock dans l'Arkansas. Les 7 fils ont servi sous le drapeau dans différente guerres. Les 4 aînés ont servi pendant la Seconde Guerre Mondiale tous à l'étranger et les époux des 3 filles ont aussi servit dans l'armée. Cela fait penser au u film " Il faut sauvez le soldat Ryan ". Après que mon mari soit fait prisonnier de guerre, un de ses frères qui se promenait dans la rue à Londres durant le black-out, bien qu'il faisait nuit noire, le frère d'un œil vif passa devant un magasin de photos et la photo de mon mari était dans la vitrine ; son frère revint le lendemain et pris la photo. Lorsque mon mari revint aux Etats-Unis, il raconta qu'il avait fait la photo lorsqu'il était de passage et lorsqu'il les repris, il les oublia dans un taxi et comme il ne les réclama pas, le chauffeur de taxi les retourna chez le photographe.
Le père et la mère de cette famille étaient très croyants en religion, éducation et patriotisme. Seulement trois de leurs enfants sont encore en vie les trois sœurs sont vivantes. Les deux parents sont décédés.
Du fond du cœur, je vous remercie tous pour la réalisation de ce mémorial à Saint Colomban en France. Je suis sûr que mon mari et les autres membres de l'équipage auraient été très reconnaissants pour ce mémorial. Je sais que leur descendants seront à jamais reconnaissants.

(1) Après leur 25ème mission réglementaire, les aviateurs pouvaient retourner dans leur pays!
(2) Lire témoignage de Jean Chataigner
(3) Décès de Polly Hulett le 16 juin 2014 :
Obituary: Olly HulettMrs. Polly Anna (May) Hulett, of Newport, Arkansas, departed this life at her home on Monday, June 16, 2014, at the age of 80. She was born January 13, 1934, at Auvergne, Arkansas, the daughter of George “Wash” and Rilla E. (Hill) May. Mrs. Hulett was a 1952 graduate of Newport High School. Following high school, she married W.O. Hulett, Jr. on September 4, 1954. The couple made their home in Swifton, where together they raised their daughter, Donna, and Mrs. Hulett was known for her “First Day of School Cake” tradition. She enjoyed time spent with family and friends. Mrs. Hulett treasured time spent talking and laughing, especially with her sister-in-law, Kathryn Sue. Mrs. Hulett’s petite stature in no way reflected her big personality. She was well known for her vibrant sense of humor and her strength of spirit, giving her the ability to make the best of any situation. This strength was most evident when her husband’s health failed, she brought him home and nursed him back to health, allowing them to share 7 more years together. Again her strength became evident, as she has faced head-on her own battle with cancer. She was a member of the First Presbyterian Church in Newport. Through the years she served as a member of the Jackson County Library Board, and as a leader for the Brownie’s, Girls Scouts, and 4-H. As the wife and sister of veterans, she was also a member of the VFW Collier-Massey Post 4683, DAV Auxiliary, an Associate member of the 305th bombardment group. Mrs. Hulett was preceded in death by her husband, W.O. Hulett, Jr., on March 17, 1998; three brothers, James Mark May, Gene E. May, and George D. May, who was killed in action in World War II; and one sister, Jewel Duclos. She is survived by one daughter, Donna Hofman and husband, Jim, of St. Louis, Missouri; one step-son, Jerry Lynn Hulett, and wife, Diane, of Newport, Arkansas, one sister, Ruth Horstkotte of Huntington Beach, California; seven grandchildren, James Hofman and wife, Kristin, of St. Louis, Jennifer Hofman of St. Louis, Greg Hofman and wife Camila of Lincoln, Nebraska, Christy Hofman of St. Louis, Mae Carol Allen and husband, Scott, of Newport, Jenny Wiggers and husband, Chris, of Edmond, Oklahoma, and Laura Edelen and husband, George, of Van Buren, eight great-grandchildren; and a host of good friends and neighbors. Graveside services will be 11:00 a.m. on Friday, June 20, 2014, at Swifton Cemetery, with Rev. Liz Lindsey officiating. Honoring her request no visitation will be held. Family and friends are invited to fellowship following the service at the Swifton Church of Christ. Those honored to serve as pallbearers are Eric Mitchell, Ken Housh, Mark Odgen, Joe David Smith, Don LaForge, and John Minor, Sr. Honorary Pallbearers are Members of the Newport High School Class of 1952, John Pennington, Sally Dunkin, Fred Fisher, Eugene Zuber, Carlon James, and Pete Long. Memorials may be made to Arkansas Hospice Foundation, 14 Parkstone Circle, North Little Rock, AR 72116, First Presbyterian Church, 316 S. Main Street, Newport, Arkansas; The Children’s Home, 5515 Walcott Road, Paragould, AR, 72450, The Jackson County Library, 213 Walnut Street, Newport, AR, 72112.



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équipage ADAMS
debout 1 2 3 4
accroupi 5 6 7 8 9

Ralph McKee et William Hulett, avant le 4 juillet 1943, volaient ensemble avec l'équpage ci-dessus "Adams".
Ralph McKee est debout en n°2
William Hulett est devant en n°8


memorial au cimetière de Swifton, erigé en 2012


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Photo du mémorial du cimetière de Swifton,inauguré en 2012. (Jackson county, Arkansas)
Le nom de POW - W.O. HULETT, y est gravé


Polly Hulett


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Photo de Polly Hulett, veuve de W.O. Hulett, devant le mémorial du cimetière de Swifton en 2012

W.0. Hulett


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